LABEL DE QUALITE : UTILITE ET DERIVES

(8 février 2006, par Jean Michel)

 Un label de qualité, c'est bien, c'est même très bien généralement.

A titre d'informations, pas moins de 400 affaires de détournement de label sont portées en justice par l'Institut National des Appellations Officielles. Ca c'est pour l'officiel et cela ne tient pas compte des labels "privés" non reconnus à la réglementation interne fluctuante.

En théorie et en pratique, un label de qualité, cela correspond au respect par les producteurs de certaines normes impérativement nécessaires au secteur d'activité concerné. Dans la majorité des cas il n'y a aucun problème. Les producteurs sont alors sérieux, consciencieux, passionnés par ce qu'ils produisent et ils méritent incontestablement la confiance des acheteurs.

Mais un label, c'est également une vitrine, un argument publicitaire. Si les règles internes changent, le label reste le même et, pour le consommateur, l'apparence est identique alors qu'il peut y avoir un changement important.

Il ne faut pas oublier cet aspect car susceptible de créer des dérives.

Il faut donc examiner le texte de base d'attribution du label.

A titre d'exemple :

  • Un texte de base ne faisant pas figurer le barème de classification, même en annexe, manque de précision car la partie invisible (le barème et les procédures) peut changer fortement et sans préavis. Si le texte de base du label est communiqué sur un site Internet, sans communication du barème et de l'historique de celui-ci, il semble y avoir volonté de camoufler au public certaines manœuvres et adaptations internes, pas toujours opportunes. Ne subsiste alors que la vitrine label.
  • L'expression "contrôler régulièrement" est à bannir car le mot "régulièrement" est à double entrée en ce qui concerne un label de qualité. Puisqu'il s'agit d'un label de qualité, le mot "régulièrement" veut avant tout dire "conforme aux normes et procédures en cours", cela ne préjuge pas de la fréquence. Mais "régulièrement", en langage courant, veut dire "à intervalle de temps peu variables entre 2 contrôles". Quel serait l'intervalle peu variable de temps entre 2 contrôles ? Quelle signification réelle recouvre l'expression "contrôler régulièrement" ?
  • De même "Examiner les demandes et y répondre au plus tard dans … (un certain délai)" relève d'une sémantique douteuse. Une réponse d'attente genre "Bien reçu votre courrier, nous examinons votre réclamation" est courante, rarement pour ne pas dire jamais suivie d'effet (audit poussé, etc…). A çà, le client mécontent a eu éventuellement une réponse dans les délais qui n'est ni plus ni moins qu'un enterrement de première classe s'il n'y a pas eu de suite. L'organisme répond à ses critères : réponse dans les délais, examen éventuel, éventuellement non poussé. Et ce ne sont pas les cas qui manquent…

Il ne faut pas non plus oublier de regarder la composition de l'organe dirigeant ou d'attribution du label.

Cela peut être instructif.

Lorsqu'un pourcentage important de producteurs figure dans l'organe dirigeant, a fortiori s'il s'agit de postes clés dans l'organisation, cela peut signifier 2 choses assez contradictoires entre elles, l'une n'excluant pas l'autre. D'une part il peut s'agir de personnes passionnées qui font correctement leur travail et souhaitent garantir la qualité en s'engageant au niveau de l'organisme statutaire, d'autre part il peut y avoir une volonté sous-jacente de ne pas durcir les aspects qualitatifs voire même de les amoindrir. La balance entre les 2 hypothèses s'évalue en fonction de l'historique du barème et des procédures, pour peu que cela soit communiqué.

Dans tous les cas, quand un producteur signataire du label de qualité fait également partie de l'organisme de contrôle, de décision, d'attribution, le conflit d'intérêt n'est jamais loin et les dérives peuvent s'avérer telles que le label devient alors dérisoire et une coquille publicitaire vide de tout contenu.

Les labels de qualité existent également pour les élevages, qu'ils soient canins ou autres. Un label de qualité de qualité implique un changement de mentalité chez les producteurs qui n'est pas toujours perceptible, loin s'en faut, lorsqu'il y a incident. Et incident il peut y avoir. Le travail sur la matière vivante comporte une certaine dose d'aléatoire et il peut y avoir incident et il faut qu'acheteurs et éleveurs en soient bien conscients. Et des incidents, structurel et récurrent dans au moins un cas, sur des élevages signataires du label de qualité, on en a … (MVD, démodécie, coccidiose) sans réponse satisfaisante de l'organisme statutaire, et quand je dis non satisfaisante… c'est carrément scandaleux dans le cas des incidents structurels afférents à la démodécie.

Parce que le coup du "Pas chez moi, c'est à l'étranger (syndrome de Tchernobyl), en France c'est différent (le patrimoine génétique commun a une exclusion - mutation génétique typiquement et exclusivement française), etc…" On en a soupé.

Donc "Eleveurs, signataires ou non d'un label de qualité, admettez que vous pouvez avoir des incidents sans monter sur vos grands chevaux si on vous signale un incident", et "Acheteurs, soyez vigilants, avertis, informés. Posez les bonnes questions, évaluez la qualité des réponses" mais surtout achetez en élevage, de préférence signataire d'un véritable label de qualité mais surtout qui s'engage personnellement sur certains critères, et nulle part ailleurs."

Parce que on a trop eu de témoignages déchirants. Parce qu'il faut qu'on monte en puissance et on atteint le niveau et l'ancienneté pour çà. Parce qu'il y a, à nos yeux, trop de laxisme et trop d'arrogance de l'organisme statutaire. Parce que …. Fckc, reposant auparavant sur les épaules de personnes dévouées, se structure et se transforme en association.

Jean-Michel RAVINA

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