Bonsoir,

Elle s'appelait Nina, elle avait dix ans (et deux mois...).
Elle était mon havre de tendresse, de complicité, de douceur. Ses yeux si doux m'ont raconté tant de choses et c'était si bon quand nos regards se croisaient.
Une vraie histoire d'amour. Je l'avais choisie le lendemain de sa naissance. Mon premier chien (que je voulais être une chienne). Une petite rousse et blanche.

Hier matin (déjà hier...) elle m'a quittée pour toujours. C'est son pauvre petit cour qui a lâché laissant le mien fracassé !
Comme pour tant d'autres, un souffle au coeur détecté lors de sa visite annuelle chez le vétérinaire pour ses vaccins. Elle avait 6 ans.
Je me suis tout de suite adressée à un vétérinaire cardiologue. Une échographie a révélé un souffle déjà fort important. Régime sans sel, vie calme, pas de surpoids, un comprimé de Vetmedin matin et soir, lui éviter des fortes chaleurs ou le froid... Une menace planait sur notre belle histoire mais la vie continuait.

Jusqu'à il y a quelques jours... Nous pensions que son souffle au cour était sous contrôle, que nous avions encore du temps. Et brusquement, elle respirait plus mal, son petit corps était secoué à chaque battement. Je l'entendais même la nuit quand elle dormait sur mon lit ou sous la table de nuit. Les diurétiques ne l'ont pas aidée, tout se dégradait très rapidement. Des moments d'horreur... En la conduisant chez le vétérinaire je savais qu'il n'y avait plus rien à faire mais on espère toujours... Et j'avais la certitude que par amour il ne fallait surtout pas la laisser souffrir. Je conduisais, ma mère était assise à côté de moi, Nina dans ses bras. Je pensais : il ne faut surtout pas qu'elle sente mon angoisse, je dois la rassurer, rester calme, qu'elle sente mon amour. Ma mère la caressait, je lui parlais et je posais ma main droite sur elle le plus possible. Elle me regardait. Un peu avant d'arriver chez le vétérinaire elle est partie pour toujours me protégeant en m'épargnant la dernière piqure sur une table d'examen...
Je l'ai ramenée à la maison, je l'ai installée dans son panier, je lui ai brossé une dernière fois sa si belle fourrure et l'après-midi je l'ai conduite dans un centre de crémation pour animaux. Je voulais une crémation individuelle pour qu'un jour, quand mon tour sera venu ses cendres et les miennes soient répandues ensemble et que nous partions toutes les deux pour une ultime promenade...

Cette séparation me rend malade, je tremble, j'ai l'impression de l'entendre souffler dans l'interstice de la porte d'entrée quand elle m'entendait rentrer, je tourne la tête vers la fenêtre où elle venait me dire aurevoir quand je partais. Elle n'est plus là pour me suivre partout, les endroits où elle s'installait pour m'observer quand je travaillais restent vides, elle ne saute plus sur la chaise à côté de moi quand je prends mon petit déjeuner, ou en face de moi pour me regarder me maquiller.
C'est une douleur à la hauteur de l'amour inconditionnel qu'elle m'a offert avec toute la générosité de son pauvre petit cour malade.

Viviane

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