Lancelot est né le 9 octobre 1995, il a été mon premier King-Charles. Chez nous, il était très confiant et très heureux ,comme il était très beau, nous avons décidé de faire avec lui des expositions de beauté, qu’il remportait avec succès… Il était vraiment joyeux d’y participer. Nos préparatifs étaient une véritable fête pour lui. Tout le monde était tombé amoureux de lui, de son regard charmeur, de sa gentillesse et de sa beauté.

En Mars 2000, alors que Lancelot n’avait que 5 ans et 5mois, lors d’une promenade, il s’est mis à hurler de douleur, je l’ai observé et je n’ai pas compris ce qui avait pu lui provoquer cela. Il s’est mis à se gratter énergiquement la base droite du cou, puis, plus rien… et puis certains jours, il a recommencé au cours de ses promenades…

Un soir, une douleur plus importante s’est déclenchée et ce soir-là, j’ai pensé que ce devait être ses oreilles qui le faisaient souffrir. Le 13/03/2000, nous étions chez le vétérinaire qui m’a dit : "Ce sont peut-être les cervicales". Il lui a prescrit un anti-inflammatoire puis, à la fin du traitement la douleur se manifestant à nouveau, je suis allée consulter avec Lancelot, un ostéopathe qui l’a manipulé avec douceur et qui m’a dit :
"Je pense que ce sont ses oreilles, car s’il s’ébroue, il n’y a rien de grave."
Nous sommes repartis avec un traitement pour soigner les otites. Au fil des jours, la douleur ne s’atténuant pas, j’ai décidé d’aller le faire examiner dans une grande clinique. Il faut savoir que mon chien ne s’est jamais gratté chez un vétérinaire !

Ce jour-là, le pauvre Lancelot avait une cervicalgie très importante malgré l’amélioration constatée sous anti-inflammatoire. A l’admission à la clinique, il avait une difficulté à tourner la tête à droite et une difficulté pour se nourrir en raison de la douleur.

L’examen neurologique a mis en évidence un déficit proprioceptif sur les deux antérieurs. Le neurologue m’a proposé de lui faire une myélographie cet examen effectué sous anesthésie générale nous a permis de détecter deux hernies discales : l’une modérée ventrale partiellement droite C2-C3 et l’autre ventrale C5 C6 et l’hydromyélie à divers étages thoracolombaires.

Pendant son anesthésie, le vétérinaire m’a contactée et d’une façon concertée, nous avons décidé d’ opter pour le traitement conservateur car, deux possibilités thérapeutiques étaient envisageables.

    • Le traitement chirurgical - pronostic de 90 % environ.
    • Le traitement conservateur pendant encore trois semaines avec mise au repos forcé en parc à bébé - pronostic de 75 %. Mais en cas d’échec au bout de trois semaines ou de dégradation avant, le traitement chirurgical aurait été à ré-envisager avec une nouvelle myélographie préalable.

L’hydromyélie était une découverte myélographique, le vétérinaire m’a demandé si j’avais constaté une dégradation bien avant de venir consulter , "non, Lancelot faisait des expositions de beauté et toutes les personnes qui le jugeaient n’avaient jamais rien remarqué" .Il m’a répondu : "c’est congénital, cela doit évoluer très lentement chez lui et peut-être même que
cela n’évoluera pas plus…"

Lancelot est resté deux mois dans un parc à bébé : lui et moi avons beaucoup souffert de cette détention forcée mais je me disais que c’était pour son bien. Je restais de longs moments près de lui, je lui avais coupé ras, les poils sous le ventre, par mesure d’ hygiène et je veillais à ce que cet espace restreint soit maintenu très propre et sec.

Je lui ai donc donné le maximum de chances de récupérer. Il nous a fallu à lui ,comme à moi, de la patience, de la persévérance, et beaucoup de courage.

J’étais très inquiète puis, lors de notre visite à la clinique, l’état de Lancelot était considérablement amélioré. Nous avons donc pu reprendre nos promenades. Mais rien n’a plus été comme avant .Il attendait de lui- même que je le porte sur le trottoir ,il portait un harnais, et lorsqu’il courrait, je courrais avec lui pour lui éviter une éventuelle traction de la colonne avec la laisse. Il se protégeait souvent dans un coin de notre living et jappait comme pour nous indiquer sa présence. Ce chien s’économisait, il semblait avoir conscience de sa pathologie. J’observais tous ses mouvements, je le descendais du canapé s’il y était monté , je le manipulais avec délicatesse lorsque je voulais démêler ses oreilles. Je lui évitais toutes les situations qui auraient pu déclencher ses symptômes…grattage…douleur…

Un après–midi, il est rentré en courant et s’est arrêté net devant moi complètement tétanisé, tous ses muscles étaient raides, durs et puis tout est redevenu normal, j’ai cru qu’il allait mourir ainsi d’ un seul coup devant moi.

Lorsque nous rentrions de promenades, il avait des épisodes nerveux et il se grattait terriblement alors, pour lui éviter ces états d’excitations, je le portais dans mes bras pour le ramener chez nous et il se calmait.

Je pensais toujours que ses hernies discales devaient lui provoquer des sortes de décharges électriques dans le cou.
Il voulait courir, sauter, mais je faisais tout pour éviter que cela lui provoque ses grattages.

Deux ans ont passé ainsi, tant bien que mal pour moi ,qui était continuellement rongée d’inquiétude
En mi-Mars 2002,la terrible douleur cervicale est revenue et…Lancelot a retrouvé son parc à bébé et la corticothérapie, les douleurs ont réapparu dès que j’ai abaissé le traitement. C’est seulement à l’arrivée à la clinique le 26/03/02 que Lancelot s’est paralysé des antérieurs. Durant les tests neurologiques, il a souffert atrocement. Nous l’avons laissé pour lui faire faire une nouvelle myélographie en pensant toujours à ces fameuses hernies discales, mais lorsque le vétérinaire m’a téléphoné et m’a dit : "Venez reprendre votre chien…", j’ ai compris que quelque chose de grave se passait.

L’hydromyélie déjà mise en évidence deux ans auparavant et que j’avais négligée puisqu’à l’époque car cela n’avait pas semblé grave, avait évolué surtout en région cervicale.

Devant un pronostic très réservé à court terme, la faible réponse à la corticothérapie, et la grande souffrance de Lancelot, nous avons décidé de l’endormir.

Je n’oublierai jamais le moment où une assistante nous a apporté Lancelot, nous laissant dans la plus stricte intimité. J’étais à la fois heureuse de le revoir, décidée à abréger ses souffrances, et dévastée par le chagrin. Tous ces sentiments étaient mêlés… Notre combat s’ arrêtait là. Lancelot nous léchait les mains comme un ultime adieu.

Il est parti sereinement, sa tête dans mes mains... me laissant impuissante, dévastée par le chagrin. Une page de notre vie était tournée.. Il a été un compagnon merveilleux et très courageux.

J’étais et je suis toujours ravagée par le chagrin. Il me manque atrocement.

Depuis ce funeste jour, je n’ai cessé de faire des recherches par l’intermédiaire d’internet sur cette pathologie dont on ne parlait pas en France, j’ai eu beaucoup d’informations par les publications du Dr.Clare Rusbridge…Ce n’est que depuis Juillet 2003 que nous savons qu’elle est héréditaire .La mort de mon chien était mon secret bien caché , une souffrance très intime, j’étais plongé dans un mutisme total , mais lorsque j’ai appris que cette pathologie était héréditaire j’ai voulu que toutes les souffrances qu’il avait endurées ainsi que son courage m’aident à témoigner pour aider tous ces formidables petits Epagneuls Anglais en difficulté.
Je veux que les maîtres de Kings ou de Cavaliers soient au courant que ce problème existe et en connaissent les symptômes, car beaucoup de vétérinaires pensent ne pas avoir eu de cas d’hydromyélie, car cette maladie est très difficile à diagnostiquer .

Le Dr.Clare Rusbridge, de Stone Lion Veterany Centre, m’a donné l’autorisation de publier ses articles traduits en Français sur votre site web, et je vous remercie, Isabelle, de m’avoir répondu favorablement.

Dominique Pouzenc.

J'ajouterais personnellement que grâce à Dominique, j'ai réalisé que c'est peut-être le mal qui ronge également Nibble, même si je ne lui ai pas fait passer d'IRM pour confirmer mon diagnistic...

Lorsque j'entends dire "en haut lieu", que cette histoire est "anecdotique", je ne peux m'empêcher de penser à Tchernobyl, dont les nuages se sont arrêtés aux frontières et aux réponses que nous avions en 97 lorsque nous avons commencé à parler de MVD !..

Enfin, Dominique m'a rappelée pourquoi nous nous battons, sur FCKC : pour l'amour de nos cavaliers & kings ! Ils sont tellement géniaux ! Je ne pense pas que l'argent en jeux soit un argument suffisant pour leur tourner le dos, même si j'ai bien failli abandonner, je l'avoue !.. Pourtant, aujourd'hui, quand je regarde Loulou & Nibble, je me dis qu'il faut continuer, pour eux, pour éviter que les prochains épagneuls nains ne soient plus gravement atteints encore !

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